Il y a eu craquage. Le débordement de nourriture, la crise programmée, celle qui arrive quand le corps est fatigué.

Mon week end était extra. Un samedi à faire la fête jusqu'à 6H00 du matin, de bons moments, des éclats de rires, et pourtant je suis obsédée par le comportement alimentaire des copains...
Le dimanche au réveil c'est dur, il est 10H30. Je dois partir chez mon père pour le repas de midi. Le manque de sommeil déconnecte mon corps de ma tête. Je ne sais pas si j'ai faim où pas. je mange machinalement sans m'en rendre compte pour faire comme tout le monde pendant le repas. Mais là je sais que c'est mauvais signe : Une étrange sensation de satiété, un bourrage d'estomac non justifié. Je prends sur moi, malgré la culpabilité.
Le dimanche après midi, c'est tapisserie, peinture dans mon appart avec mon beau-père, mes yeux sont lourds et fatigués, mon ventre lourd, mais tant pis, je n'ai pas le droit de lâcher prise, et puis je suis tellement impatiente pour la soirée en perspective.
Une fois mes murs colorés je file passer la soirée entre filles. Lèna nous accueille comme des reines avec un beau repas ! Encore un repas... je n'ai toujours pas digéré celui du midi ! Tant pis il faut faire comme tout le monde, en plus elle s'est donné tellement de mal. C'est copieux, délicieux, mais chaque bouchée me brule l'estomac, chaque bouchée me rend coupable d'ingérer tout ces aliments. Tant pis, ça fait longtemps que je n'ai pas vu les filles, et on rit tellement, même si "elle" me saoule à juger les absents, faudrait qu'elle songe à se regarder en face !
Je rentre il est 3 heures du matin, je suis crevée.
Je me sens lourde, épuisée, triste, je n'arrive pas à dormir.
Le lundi, debout à huit heure, pour répéter. Le trajet en voiture est dur dur ce matin !
J'ai juste pris un café, vraiment pas faim. Pendant la répète on déguste quelques biscuits, c'est pas grave, je n'aurai pas le temps de déjeuner.
A 14H30 je rejoins les copain dans un centre commercial pour choisir des meubles. Ils m'attendent dans un resto. Merde, ils savent que je n'ai pas mangé. Merde, j'ai pas faim moi ! Bon ben tant pis... Ils m'ont commandé un dessert pour partager la fin de leur festin. Et quel dessert ! Enorme, crémeux, gras, sucré... Pfff, c'est délicieusement écoeurant. En sortant, ils m'accompagnent dans les boutiques pour mes décorations, étagères, tables... Impossible de me concentrer. Je n'arrête pas de penser à ce que j'ai mangé. Je fais le bilan, encore et encore. Et j'ai tellement hâte de me coucher ! Au final je n'achète rien, vu que je n'arrive pas à apprécier quoi que ce soit. Bref je préfère les saluer, en m'excusant, disant que je suis vraiment KO.
Et dans ma tête c'est la panade. La meilleure solution contre la culpabilité est de criser.
C'est débile putain, ce que c'est débile !
Je prend le temps d'acheter les aliments pour la crise du soir, tout en m'en voulant d'avance, comme si c'était fatal, complètement soumise à cette sale manie.
Cette crise je l'ai détestée.
Tant pis c'est fait.
Ne pas s'en vouloir.
Ne pas ressasser.
L'oublier.
Demain est un autre jours.
Faire comme si de rien n'était.
Repartir sur de bonnes bases.
Ça faisait 14 jours d'abstinence.
Espérons que je tiendrai au moins 15 jours avant la suivante...