30 décembre 2008
J'aime
J'aime l'odeur du froid, j'aime le parfum des fêtes, des épices et de la cannelle, j'aime m'abandonner et oublier mes soucis quelqu'ils soient, j'aime me dire qu'il nous reste une semaine avant la rentrée, j'aime prendre du recul, oublier ce qui fait mal et apprécier les bons moments. J'ai passé une excellente journée, et comme je sais qu'elle passera par là, j'ai envie de lui redire "je t'aime" parce que j'ai peur qu'elle en doute même si les semaines précédentes ont été durs. Bonnes fêtes à tous.
21 décembre 2008
Hier soir
Petit apéro de fin d'année avec mes élèves de théâtre. Les adultes. J'ai créé cet atelier il y a trois ans. Ils étaient six. L'année suivante, ils étaient douze. Cette année, ce sont 15 adultes qui partagent cette belle passion. Je suis la plus jeune, je les dirige, les guide, les met en scène tous les vendredis. Hier j'ai profité de ce pôt pour les regarder de plus près. Ils m'ont redonné le sourire. Ils sont donc quinze, à venir de milieu complètement différents. Ça va de la femme de ménage, à la mère célibataire, au patron d'entreprise. Et pourtant, tous réunis, ils rient de bon coeur, ils écoutent leurs soucis respectifs, ils s'entraident...Et là, monsieur le "patron d'entreprise" s'approche et me regarde. Puis derrière ses petites lunettes rondes, je sens sont regard s'adoucir, et le voilà qui se met à me remercier. Je lui dit que je ne fait que mon travail, et il me répond que je fais bien plus, que grâce à moi tous osent se laisser aller au jeu, à ôter sa pudeur, aucu jugement ne règne dans mon cours, et la larme à l'oeil il rajoute que ce cours est sa bouffée d'air.
C'était le plus beau cadeau de noël qu'on pouvait me faire, reconnaître cette humanité et ce soutien que je leur apporte, sans prétentention de ma part. Je réalise juste que ce cours je le gère comme je l'entends professionnellement, et le résultat est magnifique. J'ai hâte de les voir sur scène.
18 décembre 2008
Désillusion
Mes envies récentes de bouffe sont passées.
Noël approche et bien sûr que ça m'effraie, les grosses bouffes accumulées je connais, sauf que l'an passé je savais comment ça finissait. Cette année, je me dois pour mon couple et pour moi-même de tenir le coup. Forcément, ça va cogiter dans ma tête plus que jamais, mais je trouverai mon "ancre" pour ne pas m'obstiner et passer à autre chose, c'est la promesse que je me fais. Mon ami Loïc était surpris d'apprendre que je tiens le coup, ça faisait des mois qu'on avait pas abordé le sujet, d'autant que tous les deux bien occupés, on se voit très peu. Je ne parle pu boulimie dans mon entourage, j'en parlais déjà que très peu, et surtout à si peu de personnes, une main suffit amplement voire trop. Maintenant je garde ça pour moi. Je tiens à ce que ce soit du passé, peut-être qu'un jour j'oublirai ce mot tordu : BOULIMIE... Il n'est pas un jour sans que j'y pense, au boulot, à la maison, en train d'écrire, ça me saute aux yeux et ça mobilise toutes mes pensées. Ça coute cher de se dissossier de ces pensées, trop cher, et je crois que très peu de monde peut se rendre compte de l'effort que ça demande.
Se couper du monde est la phase primordiale, et se réintégerer à la société n'est vraiment pas évident, surtout auprès des gens que l'on aime, d'autant qu'ils n'ont pas forcément connaissance de cet affrontement perpétuel.
Je tiendrai.
C'était ma pensée du soir, à pleurnicher devant mon assiète, incapable d'avoir envie de manger...
15 décembre 2008
Vacances
Ça y est, je vais bientôt pouvoir poser mon corps et mon esprit. Plus que cette semaine, qui à mon avis va être longue, dans la mesure où il me tarde de ne plus penser àrien, de profiter de la famille, des amis. Ça fait longtemps.
J'ai retrouvé mes bulles. Tout du moins, une bulle. On a pris le temps de s'expliquer ouvertement autour d'un café, de tout le négatif des mois passés, depuis que je ne vomis plus. Heureusement que je l'ai cette bulle, je n'ai pas eu à justifier quoi que ce soit, parce qu'il sait les efforts indénombrables que ça me demande, l'acceptation de mon nouveau mode de vie, et j'entends par là, la façon de m'alimenter. J'ai beaucoup pleuré, lui aussi d'ailleurs, car sans lui je ne serais peut-être pas dans cette réalité et dans ce monde. J'ai mis des mots sur mes maux. Je sais combien la boulimie était l'essence de ma vie. Je dois tout rééduquer en moi pour y arriver.
Les spectacle se sont passés, avec du recul, je dirais plutôt bien passé. Mais la magie n'a pas été présente, et je suis rassurée que cette fameuse bulle et que mon fiancé ressentent la même chose, car je me dis que mon esprit est moins brouillé qu'avant. Les petits ont été parfais, dans l'ensemble ils se sont tous bien débrouillés, et je suis fière d'eux. Mais dans mon fond intérieur, je sais que l'énergie n'y était pas et qu'on peut juste s'en prendre à soit car le déroulement de la journée n'a été que fatigue et stress, et les élèves ne sont pas des machines, ils le ressentent forcément. Peut-être aussi que je ne suis plus à la hauteur pour assumer un groupe. Après tout, ça ne m'étonnerais pas.
L'être humain n'est pas une machine. Ça je le constate de plus en plus, et je crois que j'ai toujours été une machine, je dois penser égoïstement à moi, un minimum, sinon je ne relèverai jamais complètement la tête.
Je ne parlerai pas de bouffe, même si j'en ai envie, car ce week-end m'a demandé encore plus d'efforts que d'habitude.
J'évolue, doucement et j'ai envie de dire à toutes que c'est possible de s'en sortir même si ça fait affreusement mal, et que ça vous éloigne de la réalité un certain temps, c'est pas pour rien qu'on se fait interner pour être sevré d'une dépendance !
grosses bises à tous ! et courage ! croyez-y s'il vous plaît