Remplir du vide

13 décembre 2017

...

J’ai tenté de mourir. Je l’ai souhaité. 

Coup de folie ?

Acte prémédité ?

Les deux, je crois.

 

Ça fait deux ans environ, que je « survis ». Ce qui me permet de ne pas sombrer complètement, c’est l’espoir de me dire qu’un jour, mes enfants auront grandi, que l’autisme de ... aura été pris en charge. Néanmoins, l’espoir ne suffit pas à atténuer les souffrances du quotidien. J’ai pris pour habitudes de me réfugier dans diverses addictions.

Celle qui me suit depuis ma pré-adolescence :  la boulimie vomitive.

A cela est venu s’ajouter le besoin d’alcool. Tout simplement pour me sentir innocente, légère, insouciante et parfois pour ne plus rien « sentir » du tout.

 

J’ai noté que ces périodes d’addiction étaient intenses quand la pression redescendait à la maison. Comme si le fait de retrouver une vie (presque) normale ne me suffisait pas. Il fallait absolument un « feu d’artifice » pour être bien.  Comme l’ivresse.

 

Mon mari a beau me demander de le prévenir quand je vais « lâcher » prise, je m’en sens incapable. Même s’il insiste. J’ai trop honte. ET puis sur le coup je me dis « juste un verre pour me détendre, ça ne va pas me tuer ». Le problème c’est qu’une fois lancée je ne contrôle plus ma consommation, ma joie, mon euphorie. Alors soit je ne sais plus m’arrêter. Et c’est le drame.

Il m’est arrivé un matin il y a quelques jours de constater que ma dernière recherche internet conscernant les overdoses médicamenteuses, notamment celles à l’alprazolam, mon anxiolytique …

 

Dimanche 30 Avril 2016, nous avons passé une journée sympathique ce qui est rare chez nous. Le temps ensoleillé nous a permis une petite ballade, du jardinage. Mon Ainé a fait du Vélo avec son copain dans la rue. Ils sont venus jouer dans le jardin. Le 2ème a joué dans le jardin, il a fait de la draisiène  dans la rue. Il est même tombé.

Mon mari a jardiné, bricolé dans la cabane à outils, et nettoyé la piscine.

Moi j’avais envie de perdre pied. De sentir l’ivresse. C’était plus fort que moi. Je m’en voulais terriblement, je ne voulais pas craquer. 

Alors j’ai pris un anxiolytique. 

Néanmoins, cela ne m’a pas suffit, alors je me suis laissée aller à quelques verres, en cachette.

Evidemment, malgré mon gros désir de contrôle, et le refus d’en parler à mon mari, mon état s’est dégradé. Euphorique, titubante, inconsciente, il m’a envoyé me coucher à 19H, pour protéger les enfants d’une mère qui ne me ressemble pas.

Honte, culpabilité et surtout colère m’ont envahie. Je me suis dis que je ne pourrai jamais sortir de cette spirale, et qu’à ce stade je faisais plus de mal à ma famille qu’autre chose. Je me suis dis que cette fois mon mari n’accepterait pas ce nouveau pas de travers et qu’il partirait. J’ai rassemblé mes anxiolytiques et mes antidépresseurs : 2 plaquettes de Citalopram et 2 d’Alprazolam. J’ai tout avalé. A quel moment exactement je ne sais pas. Il me semble que j’ai fait ça dans la soirée, assez tard.

Je me suis réveillée dans la nuit probablement, j’ai constaté que j’étais vivante et que mon mari ne dormais pas mes côtés. Encore beaucoup de colère de tristesse. Je ne voulais pas encore une engueulade, des mensonges sur mon état.

Je n’ai pas hésité longtemps à dévaliser l’armoire à Pharmacie : 2 plaquettes de zopiclone, et tout le flacon d’atarax. Je voulais me rendormir.

Trou noir, mon mari me dit que je suis allée réveiller mon 2ème garçon le matin. Après je lui ai dit (comment pourquoi) que j’avais fais une bêtise.

Trou noir.

Le samu et les pompiers sont là. Ils me demandent de garder les yeux ouverts. Je sens la main de ma belle mère. Je suis tellement bien dans cet état second, j’ai pas envie d’ouvrir les yeux.

Trou noir.

J’entrouve les yeux, j’aperçois un infirmier avec un calo et un masque vert ou bleu c’est très flou. Je referme les yeux, je ne veux pas me réveiller, c’est trop bon d’être là. Je sens qu’on s’occupe de moi, ça me fait du bien. Et surtout je ne sens pas mon corps. Aucune pensée, rien juste l’envie de garder les yeux fermés. J’entends malgré moi l’infirmier gueuler « c’est quand même pas croyable de faire une connerie pareil, elle a des gosses ». ça me met en colère, j’entrouve les yeux, il est en train de me poser une perfusion. Je ne sens absolument rien, et c’est trop bon. Dodo, ho oui, dodo, j’ai quitté mon corps. J’ai honte de le dire, mais c’est génial, pour la première fois depuis longtemps, je me sens bien. Et pourtant je suis inconsciente et une équipe médicale se démène pour me sauver la vie. 

Trou noir. 

J’ouvre les yeux, un poil bousculée. On me fait une prise de sang. Je referme les yeux. Je me sens tellement bien en black out.

On me parle, j’ouvre les yeux, c’est flou. J’observe un femme souriante, et un homme. Il est beau garçon. Il fait un regard soucieux, pensif. Il me demande si je sais pourquoi je suis la. J’acquiesce. 

Il me parle et je lui réponds mais je ne me souviens absolument pas de la discussion, juste de « vous voulez vous reposer ? » ce que j’accepte.

Je me souviens tenir le coton quand on me retire la perfusion. Quelqu’un me rhabille. La gentille femme me fait marcher. Il fait nuit. Elle m’explique ou elle m’amène mais je ne me souviens pas. Le seul reste c’est qu’elle me prête un pyjama. En m’aidant à l’enfiler, elle dit « c’est pas très glamour, mais ça dépannera ». Effectivement une grosse blouse verte et un gros pantalon bleu, que des trucs d’hôpitaux.

Black out.

 

Le lendemain matin on frappe à ma porte. Une jolie jeune femme me parle c’est pas la même qu’hier. J’ai du mal à suivre ce qu’elle me dit, si ce n’est que je n’ai pas déjeuné. Je découvre ma chambre. Elle me lève et m’aide à marcher dans un long couloir. J’ai pas envie d’ouvrir les yeux, j’ai l’impression que les murs me tournent autour.

« comment ça elle a pas déjeuné ?! Pffff… » Un dame brune me donne une corbeille de pain avec un bol de café. Ses gestes sont brusques. « tenez c’est tout ce qui reste », elle pose une beurre mignature devant moi. Je mange mécaniquement une tartine et retourne dans ma chambre avec l’aide d’un infirmier. 

Black out. Je ne veux pas me réveiller, je veux rester dans le coton, c’est trop bien.

 

 

Maintenant après une semaine, je comprends que j’ai adoré être inconsciente. Ce sommeil profond. J’aime être enfermé dans cette petite chambre face à moi même. Surtout je ne peux pas faire conneries. Ni boulimie, ni ivresse, ni prise de médicament.

Je suis dans une insécurité de pensées. J’ai peur de recommencer un tel acte pour mes enfants et mon mari. Mais je ne suis pas certaine d’être capable de gérer ça. J’ai l’impression que je pourrais recommencer.

Monb mari a jeté une boite de somnifères. Ça m’a fait chier… Je me suis dit « zut, au cas ou, eh bien j’en n’ai plus ».

Pourtant en ce moment je me sens bien. Mais je sais que quand je rentrerai ça ne sera pas le cas. Je crois que je ne me sens pas capable d’affronter le quotidien. Je crois que j’ai pris beaucoup de plaisir à cette tentative de suicide et ça me questionne car c’est quand même très bizarre de dire ça !

 

 

 

 

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Difficile de se décider à réecrire...

 

Des années après...

 

Alors voilà. Me revoilà. Moi la pauvre petite fille qui mangeait et vomissait sans cesse...

 

Je me suis mariée.

Un petit garçon a rejoint l'homme de ma vie.

Puis un Deuxième.

Et tout s'est écroulé...

 

 

 

Mon deuxième enfant m'a retournée. Bien plu sque le premier (qui aussi m'a émue et retournée)

Après de longs combats (et je ne m'étalerai pas sur ce post) me revoilà, maman de deux enfants dont un petit garçon autiste?

Une maman épuisée 

 

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23 novembre 2012

j'aimerais vous dire

MERCI

pour toutes vos démonstrations affectives, votre soutien moral…

J'aimerais vous dire que je serai de retour demain…

J'aimerais vous dire que vos mots ont comblés mes maux.

J'aimerais vous expliquer que la dépression est loin d'être facile à gérer, que l'on a beau s'en donner les moyens, il y a des fois ou c'est très dur.

A vous tous, mes élèves, je vous souhaite de ne jamais la connaître, de ne jamais la frôler...

A très bientôt, je l'espère, du fond du coeur...

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27 octobre 2012

prémonition

C'est une jeune femme adorable. Elle est belle, talentueuse, adorable... j'adore partager des choses avec elle, l'écouter, rire, créer... C'est une amie en qui je crois plus que tout. Une amie qui sait tout de moi, qui ne m'a jamais jugée. Une amie depuis le lycée... C'est la seule qui m'a encouragée quand j'ai décidé d'aménager chez mon homme au bout de 15 jours d'amour... C'est la seule qui a sauté de joie quand je lui ai annoncé mon mariage au bout d'un an... C'est la seule qui a suivit ma grossesse, qui s'est inquiété de tout, qui m'a rassurée... C'est la seule qui accepte cette vie d'adulte, qui s'y intéresse, qui a envie de me rendre visite malgré mon fils; Les autres préfèrent me retrouver "moi" et pas "nous"...

Et elle m'a envoyé un message. Un message d'inquiétude. Elle aurait rêvé de moi. Un rêve qui l'a effrayé. Elle me l'a écris ce rêve. Et ce rêve c'est tout à fait la situation actuelle; Elle a rêvé de vce qui me pourri la vie, de ce combat que je mène chaque jour, de cette vie que je subis...

Je tombe des nues. Y'a t il des anges qui veillent sur nous, réellement ? Pourquoi a telle rêvé exactement de ce que je vis ? Pourquoi a t elle senti qu'il fallait s'en inquiéter ?


Je n'ai fait que lui répondre que ce rêve lui ressemblait parfaitement... Et elle a compris... Et elle me dit ce que tout le monde dirait... Je sais, j'ai tout pour être heureuse... Certes... Néanmoins, je suis maintenant persuadée qu'on ne choisit pas forcément d'être malheureux. Il y a peut être un neurone ou un truc la haut dans le cerveau qui fait que vous aurez toujours besoin d'un substitut pour survire...


Alors voilà là maintenant j'aimerais qu'on me gave de médocs, qu'on me force à dormir et qu'on me foute la paix.

 

C'est grave, mais c'est comme ça.

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10 octobre 2012

faux semblant

je parais juste ce que j'aimerais être...

Ou pas, peut-être qu'on me voit vraiment, allez savoir...

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13 septembre 2012

Dépression

Je me demandais, pensez-vous qu'on guérisse vraiment de la dépression ?

On traverse des états dépressifs, où les médocs sont indispensables, puis on s'en sort, on se demande même comment c'est possible d'en être arrivé là...

Mais parfois ça revient sans qu'on s'y attende, alors qu'on a tout pour être heureux.

Sincérement, existe-t-il une issue à cette putain de maladie de merde ?

Est qu'un jour on peut dire qu'on s'en est sorti, mais que cette fois c'est pour de bon ???

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22 mars 2011

De retour

Suite à la demande de l'une d'entre vous, je viens donner quelques nouvelles.

 

La vie a bien changé pour moi. J'aimerais que cela soit lu par toutes celles qui ont l'impression qu'elles ne pourront jamais sortir des troubles alimentaires.

Je ne souffre plus de "TAC", je mange à ma faim, je me fais plaisir. Je me suis marié et j'ai un adorable bébé de trois mois. Mes débuts de mamans ont été chaotiques : un bébé qui pleure beaucoup, des nuits quasi blanches, la retombée subite des hormones, un allaitement difficile... J'ai senti que j'étais beaucoup  trop fragile et j'ai préféré opter pour un soutien médicamenteux afin de ne pas sombrer (trop peur du passé...) ET j'ai bien fait ! Je profite enfin de mon bébé et de ma nouvelle vie. Je suis heureuse et fière de ne plus être l'esclave de mon assiète. Je me demande même comment ça a pu m'arriver, j'ai l'impression que c'est une vie antérieure... J'espère sincérement pouvoir donner un peu d'espoir à toutes les personnes qui ont la tête dans la cuvette et se décompose de jours en jours...

 

Je ne sais pas si j'écrirai encore. L'inspiration venait de la nécessité d'expulser cette boule au ventre. Là je n'ai rien envie de dire, si ce n'est que la vie est belle :)

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29 avril 2009

assomée

Le traitement m'apaise déjà. Par contre je suis fatiguée comme jamais, si je pouvais je passerais mes journées au lit !
Vivement ce soir qu'on se couche...

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25 avril 2009

merci mon homme

J'ai de la chance, de l'avoir à mes côtés.
Il voit qu'il y a un pb, et cherche quoi faire.
Mercredi, j'entre dans son bureau avant d'aller bosser, et il se met à me parler, à me dire qu'il faut que je prenne soin de moi. Et je pleure. Je pleure enfin. On prend rendez-vous chez le médecin.
J'arrive chez le toubib le lendemain, et il ne se prive pas de me dire que j'ai une salle t^te. D'ailleurs tout le monde me le dit, ça fait peur...
On parle. Mon homme est à mes côté, il parle aussi au médecin, voyant que je n'arrive pas à dire mon mal être.
Bref, c'est reparti pour un traitement. Le précédent à été stoppé trop tôt, parce que j'étais euphorique grâce à ma relation, on s'est dit que je pouvais l'arrêter, mais c'était une belle erreur. Alors on recommence, et cette fois on ne se fera pas avoir, on ira au bout des six mois de traitement.
Je dois m'habituer à ces anti dépresseurs, je suis fatiguée, j'ai pas d'énergie, mais je sais qu'il y a un temps d'adaptation. C'est pour mon bien...

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21 avril 2009

C'est terrible de se réveiller le matin en appréhendant d'avance la journée, de subir la mollesse d'un corps inerte, de sentir la boule au ventre, et d'ignorer pourquoi on se retrouve dans cet état macabre. C'est terrible de ne pas savoir quoi répondre à l'homme de votre vie quand il demande aimant "mais qu'est-ce qu'il ne va pas ??"
Culpabilité, angoisse, fatigue, dégout, peur. J'ai peur.

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